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Au Liban

Nous avons fait, au départ de Damas, un aller et retour au Liban en une seule journée pour visiter le site de Baalbeck. Le site antique se trouve dans le nord, en bordure de la plaine de la Bekaa à une altitude de 1150 m.
Magnificence du monde romain, il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

La plaine de la Békaa

A 900 mètres d’altitude, coincée entre le mont Liban et l’Anti-Liban, la plaine de la Bekaa est une étroite bande d’une dizaine de kilomètres et longue de 120 km. Elle longe la frontière avec la Syrie et prolonge la dépression du Jourdain.

Elle fait partie du fameux croissant fertile, berceau de l’agriculture. Elle a été le grenier à blé du monde antique.

Le peuplement de la plaine de la Bekaa est mixte : chrétiens et musulmans s’y côtoient. L’armée syrienne l’a occupée pendant de longues années.

Békaa

Bien que seulement à 100 km de Damas, la route m'a parue assez longue, à cause de l'arrêt à la frontière qui nous
a bloqués très longtemps afin d'obtenir un visa de groupe car une partie du groupe ne possédait pas un visa syrien
à double entrée.

Békaa


Békaa

La ville moderne de Baalbek, chef-lieu du district de Baalbek, compte environ 80 000 habitants.
La vie au Liban nous a paru beaucoup plus chère, nous l'avons noté rien qu'à essayer de manger quelque chose.

Le site de Baalbek

Il a fallu 300 ans pour construire cette cité imposante. Le site remonte au moins à la fin du 3 ème millénaire AVANT J.-C.
Baalbek était une ville phénicienne florissante où était célébré le culte de Baal, le dieu de l'orage et de la pluie bienfaisante chez les Phéniciens et les Cananéens. Cette divinité formait avec Astarté, sa parèdre féminine, le couple divin le plus populaire dans la zone phénico-cananéenne

Astarté était la déesse de l’amour, de la fertilité, et de la guerre, la reine du Ciel dans la religion phénicienne. Son nom varie selon les régions et les langues : en akkadien, elle s’appelait Asdartu (forme d’Ishtar), en ougaritique Athtart, en hébreu Ashtoret, en phénicien Ashtart, et sous la forme hellénisée Astarté.

Le nom "Baalbek" signifie "Lord Baal de la vallée de Bekaa".

Baalbek est l’ancienne "Héliopolis" ("Ville du Soleil") des Romains. La cité de Baalbek atteignit son apogée à l'époque romaine. Les pèlerins affluaient au sanctuaire pour vénérer les trois divinités, connues sous le nom de triade héliopolitaine, un culte essentiellement phénicien et romanisé (Jupiter, Vénus et Mercure).

Les temples de Jupiter, de Bacchus et Vénus forment un ensemble aux dimensions impressionnantes.
Le temple de Jupiter, en particulier, surpassait par ses dimensions et sa beauté tous les temples du monde antique.
A ses côtés, le temple de Bacchus paraît bien plus petit et pourtant il est plus grand que le Parthénon d'Athènes.

Les tremblements de terre et les invasions n’ont pas eu totalement raison de ces édifices colossaux et fascinants.
Des blocs titanesques constituent les soubassements tandis que les sculptures de lion et les arabesques corinthiennes sont encore en place au sommet, 21 mètres plus haut !

Histoire

Baalbek est une ancienne ville phénicienne habitée dès 9000 AVANT notre ère.
Elle était devenue un lieu de pèlerinage important dans le monde antique pour le culte du dieu Baal et de son épouse Astarté. Le centre de la ville était un grand temple dédié à Baal et à Astarté, et les ruines de ce premier temple subsistent aujourd'hui sous le temple romain de Jupiter Baal.

→ Alexandre le Grand conquit Baalbek en 332 av. J.C. et la rebaptisa Héliopolis «Ville du Soleil».

→ Ce nom était encore utilisé lorsqu'en 64 av. J.C. Pompée annexa la région de la Phénicie à Rome et toujours en 15 av. J.C. lorsque la ville devint une colonie de l'Empire romain.

Les Romains améliorèrent considérablement le site avec des projets de construction massifs, des passerelles, des aqueducs et des routes.

Sous le règne de l'empereur romain Septimus Severus (193-211 APRÈS J.C.) le grand temple de Jupiter Baal fut construit. Ce fut le bâtiment religieux le plus grand et le plus orné de toute l'histoire de l'Empire romain.

La ville resta un lieu de pèlerinage très visité jusqu'à la légitimation du christianisme dans l'Empire romain par Constantin (à partir de 313 après J.C. avec l'édit de Milan). Évitant le sort de certains sites païens qui ont été détruits, elle fut christianisée. Les temples furent utilisés comme églises. Seul l'autel de Jupiter fut abattu par Théodose I.

→ Les temples continuèrent à jouer leur rôle de lieux de culte chrétien jusqu'à l'arrivée des Arabes musulmans en 637. Sous la domination musulmane, suite à leur victoire sur les forces byzantines à la bataille de Yarmouk, la région fut rebaptisée Al-Qalaa (la forteresse). Les murs furent renforcés pour la défense et les temples fortifiés. Une mosquée fut construite au milieu des anciens temples romains tandis que les ajouts chrétiens furent démolis et détruits.

→ L'armée byzantine mit la ville à sac en 748 et, encore une fois en 975, mais ne put la conserver et, après avoir survécu aux Mongols et à d'autres campagnes militaires, Baalbeck passa dans l'Empire Ottoman qui l'ignora totalement et laissa les ruines s'effriter.

Une série de tremblements de terre au cours des siècles endommagèrent davantage le site et rien ne fut fait en terme de préservation ou d'excavation jusqu'en 1898, lorsque l'empereur allemand Wilhelm II visita la région et envoya une équipe d'archéologues y travailler. Leurs efforts, ainsi que les équipes internationales ultérieures, préservèrent Baalbek pour les générations futures.

Source : https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-500/baalbek/

Ma visite

Nous avons par manque de temps (il fallait faire l'aller et retour Syrie/Liban dans la journée).
Et nous avons visité le site un peu rapidement.

ticket

La ville antique est composée de ruines de l’époque gréco-romaine, avec des traces plus anciennes de l’époque sémitique, mais les vestiges remontent surtout à l’époque romaine.
Le complexe laissé par les Romains comprend de trois temples géants :

▫︎ Le temple de Bacchus, un des temples les mieux conservés du monde gréco-romain. Dédié au dieu du vin.

▫︎ Le temple de Jupiter, autrefois dédié au dieu Baal.
Partiellement debout malgré les ravages du temps,
il reste six colonnes de granite.

▫︎ Le temple de Vénus, un temple circulaire dédié à la déesse de l’amour.

Site de Baalbeck

Le temple de Jupiter

Le temple de Jupiter est le plus ancien, mais il fut construit en plusieurs étapes. L’ensemble ne fut achevé et inauguré qu’au 3 ème siècle.

Plusieurs tremblements de terre firent perdre à Baalbek une partie de sa splendeur ancienne, et le dernier grand tremblement de terre datant de 1759 fit s’effondrer trois des neuf colonnes du temple de Jupiter. Il ne reste que six colonnes de granite, hautes de 22 m.

Site de Baalbeck

Site de Baalbeck

Site de Baalbeck
Site de Baalbeck

Le temple de Bacchus

Le sanctuaire de Bacchus, construit au 2 ème siècle, est le mieux conservé. On y pénètre par un escalier à trois volées, comme dans le temple de Jupiter. Le temple lui-même est périptère (cad un édifice entouré de rangées de colonnes sur toutes ses faces).

Bien que de dimensions inférieures à celles du temple de Jupiter (69 m de long sur 36 m de large), et avec des colonnes hautes de 22 m, il figure parmi les plus grands temples du monde romain (il est plus grand que le Parthénon d'Athènes...)

Site de Baalbeck

Site de Baalbeck

Site de Baalbeck

Site de Baalbeck

Site de Baalbeck

Le temple de Vénus

Au sud de la cour hexagonale du sanctuaire de Jupiter se trouve un petit temple rond qui a été longtemps connu sous le nom de temple de Vénus, bien que cette affectation soit aujourd'hui abandonnée.

Il se caractérise autant par l’originalité de son plan circulaire que par l’harmonie de ses formes, dans une cité où les autres sanctuaires sont marqués par le gigantisme. La forme de son podium incurvé et la conception de la cella qui en résulte, avec ses colonnes à chapiteaux corinthiens à cinq faces, sont uniques et souvent qualifiées de « baroques ».

Ce temple rond mesure près de 16 m de large sur 28 m de long avec son portique, le podium mesure 2,91 m de haut et la hauteur des colonnes atteint 8,56 m. L'édifice date probablement du 3 ème siècle après J.C.

Site de Baalbeck

Site de Baalbeck

Site de Baalbeck

Site de Baalbeck
Site de Baalbeck

Les autres sites

▫︎ Le temple de Mercure, situé sur la colline de Cheikh Abdallah, mais il ne reste que l'escalier taillé dans le roc.

▫︎ L'Odéon, situé au sud de l'acropole à un endroit connu sous le nom de Boustan el Khan, fait également partie du site, considéré parmi les sites archéologiques les plus spectaculaires du Proche-Orient.

▫︎ La Pierre de la femme enceinte :
Dans une carrière située près de la cité, on peut découvrir la Pierre de la femme enceinte, l'une des plus grandes pierres taillées au monde, avec 21 m de long pour 4,5 m de hauteur et de largeur, et une masse d’environ 1 000 à 1 200 tonnes.
Tout comme deux blocs anciens se trouvant à proximité, elle figure parmi les plus longs monolithes jamais taillés par l'homme. Le nom « Pierre de la femme enceinte » provient selon la légende d'une femme enceinte qui aurait amené la population naïve de Baalbek à croire qu'elle saurait déplacer la pierre géante si on acceptait de la nourrir jusqu'à la naissance de son enfant.

pierre

Le Festival international de Baalbek

Le festival qui est un grand événement culturel organisé chaque été, venait de se terminer et les techniciens étaient en train de démonter le plateau.

Baalbeck

Dès 1955 des activités culturelles avaient été organisées dans les ruines, et en 1956, gérée par des bénévoles, l’association a pris le nom officiel de « Festival international de Baalbek ». Il a acquis une renommée internationale et les artistes du monde entier et de toute discipline viennent s'y produire.

Il a lieu dans la grande cour appelée la "cour des sacrifices", très vaste (134 m sur 112 m).
Au centre de ce vaste espace, s’élevaient autrefois un autel pour les sacrifices et une tour flanquée de deux colonnes de granit rouge et gris, dont il ne reste que de rares vestiges.

Cette vue panoramique bien sûr n'est pas de moi, je n'ai pas le matériel pour, mais je me suis permise de l'emprunter à l'Internet en citant l'auteur.

Site de Baalbeck
© Guillaume Piolle

Baalbeck

Cependant le site de Baalbeck m'a déçue par rapport à tout ce que je venais de voir de magnifique en Syrie.

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